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La loi DADVSI validée et durcie par le Conseil Constitutionnel Posté le Mercredi 26 juillet 2006 - 0:58

PC-IMPACT s’étant exprimé sur le sujet lors de l’annonce officielle toute à l’heure.

Le Conseil Constitutionnel vient de rendre sa décision sur la loi DADVSI. Saisi par plusieurs députés, il se devait d’analyser de nombreux points au regard des textes fondateurs (Constitution, déclaration des droits de l’homme de 1789, etc). Si l’on résume la loi initiale, ceux qui contournent une mesure technique de protection ne peuvent être condamnés s’ils font valoir les nécessités d’interopérabilité. Seul hic : le Ministre de la Culture n’a pas cru bon définir concrètement ce qu’était cette notion. Le droit pénal ne supportant pas l’imprécision, comme l’avaient maintes fois souligné les adversaires de la DADVSI, cette partie du texte est considérée inconstitutionnelle et obligera l’intéressé à revoir sa copie… s’il le souhaite. En l’état, les MTP deviennent une véritable citadelle imprenable ! Ceux qui tenteront de bidouiller un morceau acheté sur iTunes pour lire sur un Walkam compatible PlayforSure seront considérés comme des délinquants en puissance…

Le dernier point concerne l’article 24. Cet article diminue l’échelle des peines pour les éléments téléchargés depuis les logiciels P2P. Or, ceci est contraire au principe d’égalité, puisqu’on peut échanger des fichiers par mails, messagerie, etc. C’est un pan complet de toute l’opération de comm’ du ministre de la Culture qui tombe ici. Et qui ravira les majors. Avant la DADVSI, télécharger depuis un logiciel P2P entraine un délit de contrefaçon puni de 300 000 euros d’amende et 3 ans de prison. Dans la DADVSI, on en venait à des peines de contraventions. Le ministre évoquait la somme de 38 euros pour un download et 750 euros pour l’upload pour faire passer la mesure.

Pour critiquer cette différence, les requérants ont fait valoir que selon une étude Médiamétrie, « l’utilisation de la messagerie électronique est loin d’être marginale dans le phénomène d’échange de fichiers entre particuliers, 40% des internautes n’ayant jamais téléchargé sur des réseaux peer-to-peer échangent des fichiers via email ou messagerie instantanée avec leurs proches ». Et pour le Conseil constitutionnel, nul doute : qu’on utilise un logiciel d’échange de pair à pair ou d’autres services de communication au public en ligne, c’est la même chose. A éléments identiques, traitement identique : le ministre et sa majorité ont donc violé le principe d’égalité devant la loi. C’est une victoire pour l’industrie du disque et spécialement pour le SNEP qui aurait envoyé un rapport au Conseil où il indiquait souhaiter le maintien du régime de la contrefaçon “dur” (voir notre actualité).

Réserves d’interprétation
La réserve d’interprétation est une technique qui permet au juge d’éviter l’alternative conforme/non-conforme, en déclarant une disposition conforme à condition qu’elle soit interprétée selon tel sens précis, indiqué par lui. La mesure est importante puisqu’elle s’applique alors à tous, juges et administration compris.

« Mesures techniques de protection et d’information » et test en trois étapes : le zéro copie est possible !

Le Conseil a estimé que ces mesures n’interdisent pas aux auteurs de recourir à des verrous limitant à une copie unique, voire faisant obstacle à toute copie ! Il suffit que cette solution soit commandée par la nécessité d’assurer l’exploitation normale de l’oeuvre ou par celle de prévenir un préjudice injustifié à leurs intérêts légitimes (ce sont les critères dits du test en trois étapes). C’est là une grosse victoire pour les tenants de la solution dure. Et le Conseil enfonce le clou « toute autre interprétation serait manifestement incompatible avec le respect du principe du ” test en trois étapes ». Le juge n’a au final pas voulu se prononcer sur un point majeur : à savoir qu’il est impossible pour un particulier de déterminer par avance et à son échelle, si telle atteinte aux droits d’auteurs est effacée par ce test.

- La notion de recherche : ce n’est que la recherche en cryptographie, pas plus.

La loi prévoit des sanctions pour ceux qui malmènent des verrous anticopie. Toutefois, elle réservait le cas de la « recherche », exempte elle de toute sanction. Le Conseil a considérablement restreint ce champ-là en estimant que cette notion s’entend uniquement de la « recherche scientifique en cryptographie » et encore, à condition « qu’elle ne tende pas à porter préjudice aux titulaires des droits », orchestrant une hiérarchisation entre les droits. Signalons enfin que vis à vis de l’Autorité de régulation des mesures techniques, les députés estimaient que réserver cette autorité aux seuls industriels portait atteinte au droit de recours. Le Conseil a rappelé que consommateurs et associations pourront toujours agir contre les verrous de protection devant les juridictions habituelles.Quel résultat ? Le Conseil a finalement rejeté la plupart des nombreux arguments des requérants. Toutefois, plusieurs articles ont été jugés inconstitutionnels. D’autres ont fait l’objet de réserves d’interprétation, parfois plus sévère que la lettre du texte initial… un comble ! Voilà donc une première analyse, en attendant les premières réactions officielles.

Eléments jugés inconstitutionnels
- L’article 21 condamne le fait d’éditer un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public d’œuvres ou d’objets protégés. Et qu’importe qu’il soit dédié au travail collaboratif La mesure avait été très critiquée, car finalement, tout est échange sur le net et en informatique. Afin de protéger les logiciels liés au travail collaboratif et l’échange de fichiers non soumis à rémunération du droit d’auteur, une disposition avait été intégrée pour les protéger de sanctions injustes. Cependant, le juge a considéré la mention comme ni utile ni suffisamment précise. Elle est au surplus contraire au principe d’égalité puisqu’elle laisse sans protection pénale les droits moraux des auteurs ayant renoncé à une rémunération, ainsi que les droits voisins du droit d’auteur. C’est une catastrophe pour les professionnels qui pouvaient trouver là un abri pour œuvrer en paix dans leur activité… ils vivront maintenant dans le risque continuel.

- Les articles 22 et 23 et la référence à la notion d’ ” interopérabilité “. Une notion trop floue ! Si l’on résume la loi initiale, ceux qui contournent une mesure technique de protection ne peuvent être condamnés s’ils font valoir les nécessités d’interopérabilité. Seul hic : le Ministre de la Culture n’a pas cru bon définir concrètement ce qu’était cette notion. Le droit pénal ne supportant pas l’imprécision, comme l’avaient maintes fois souligné les adversaires de la DADVSI, cette partie du texte est considérée inconstitutionnelle et obligera l’intéressé à revoir sa copie… s’il le souhaite. En l’état, les MTP deviennent une véritable citadelle imprenable ! Ceux qui tenteront de bidouiller un morceau acheté sur iTunes pour lire sur un Walkam compatible PlayforSure seront considérés comme des délinquants en puissance…

- Le dernier point concerne l’article 24. Cet article diminue l’échelle des peines pour les éléments téléchargés depuis les logiciels P2P. Or, ceci est contraire au principe d’égalité, puisqu’on peut échanger des fichiers par mails, messagerie, etc. C’est un pan complet de toute l’opération de comm’ du ministre de la Culture qui tombe ici. Et qui ravira les majors Avant la DADVSI, télécharger depuis un logiciel P2P entraine un délit de contrefaçon puni de 300 000 euros d’amende et 3 ans de prison. Dans la DADVSI, on en venait à des peines de contraventions. Le ministre évoquait la somme de 38 euros pour un download et 750 euros pour l’upload pour faire passer la mesure.

Conclusion ?
Les mesures techniques de protection sont validées, les peines réduites annulées, l’édition de logiciels d’échanges interdite et nous revenons à une des législations ultra sévères en la matière. La copie pourra être réduite à zéro, et seule la recherche en cryptographie sera toléré… Ce n’est sans doute pas ce qu’attendaient les députés de l’opposition où la souppe à la grimace doit être de rigueur. le texte va maintenant être publié au Journal Officiel (allégé des passages inconstitutionnels). Nous reviendrons sous peu sur cette décision qui marque la fin de la rocambolesque aventure de la loi DADVSI, encore marquée voilà peu par la Légion d’honneur attribuée à la lobbyiste d’Universal pour son travail accompli.

Je ferais un post sur ce que perso j’en pense, mais laissez moi le temps de digerer un peu.

Ca fait //mal, que reste t’il comme libertés encore ? QUE ? Abandonnez aussi vos miRC, google talk, yousendit, dailly motion, youtube, msn and co car eux aussi ils sont interdits avec une pareille loi. Et bien plus encore..on va arriver à un point ou envoyer des mails avec des pieces jointes serait plus possible..car si on y regarde de près ça devrait être interdit aussi si on applique ce texte !

Cette nuit, le Web français à un pied dans la tombe..et l’autre en eaux troubles…très troubles..

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by Qui©he

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Some Responses to “La loi DADVSI validée et durcie par le Conseil Constitutionnel” :

  1. Si vous avez besoin de quelque chose de plus précis juridiquement parlant, et venant d’un juriste, vous pouvez toujours aller chez:
    http://maitre.eolas.free.fr/

    Il en parle, puisqu’il a suivi les différentes étapes avec son oeil de professionnel.
    Personnellement, j’ai toujours été contre le Peer2Peer. j’avais toujours refusé de donner mon aide, aux gens qui me sollicitaient. Dès que je voyais, ou savais qu’un tel logiciel était en place, j’exprimais un refus explicité. À partir d’aujourd’hui, je fermerais les yeux, sur cet aspect; mieux, si je vois une anomalie, je donnerais un petit conseil sur l’optimisation de ces outils. parce que je ne vais pas oublier pour autant l’aspect sécurité hein ?? ;)

    Je ne me priverais pas non plus de critiquer Donne(dieu = Vivendi ?) qui a cru bon de nous pondre un texte (aurait-il pris un Nègre ?) d’une débilité ahurissante. Quoi qu’il en soit, pour la première fois de ma vie de citoyenne, je vais appeler clairement à un blackout de la droite UMP en particulier. Mon Dieu, ils sont devenus fous, disait l’ami Sardou dans une de ses chansons. Ceci confirmerait, mais pouvions-nous en douter, que tous les politiques sont pourris. Bienvenue en République Bananière de France, pays dans lequel les lobbyistes sont mieux écouté qu’ailleurs (et ça ne touche pas seulement le numérique, rappelez vous les histoires tabatières)

    Vu que nous en sommes arrivé bien bas, je ne vois plus que le boycott généralisé pour contrer ça. Donc je décrète à partir de maintenant et pour un temps encore indéfini:
    - plus d’achat de CD musique (avec ou sans DRM) de toute façon, les artistes ne touchent que des miettes de cet énorme gâteau.
    - plus d’achat de DVD (audio et vidéo) parce que ce sont les mêmes éditeurs qui tirent les ficelles.
    Je me contenterais de mes CD que j’ai déjà, et des mp3 que j’ai aussi. Bien entendu, tout ce qui est DRM sera définitivement proscrit de mes disques durs. Ce qui veut dire, que je n’irais pas acheter de musique en ligne. Et tant pis pour les dégâts occasionnés col latéralement, côté artistes, auteurs, compositeurs et autres ouvriers de cette industrie de voleurs et racketteurs.

    Je vois d’un mauvais oeil la gauche revenir au pouvoir… Mais après tout, ça ne dure qu’un temps; de plus, ils ont beaucoup plus peur de tout mouvement populaire. Il serait certainement temps de mettre tout ce petit monde de politicards véreux et corrompus à la retraite forcée, et sans indemnités aucunes. Ils ont très certainement déjà de quoi subvenir à leur lamentable et méprisable petite vie de privilégiés.
    Et surtout une dernière petite chose. pensez qu’en 2011, tout le pays sera équipé de la TNT, ce qui veut dire la numérisation à outrance, avec l’accès à tout type de stockage; donc à fortiriori, l’utilisation massive de supports avec DRM. Désolée, mais ça se fera sans moi, tout ça. Sauf si tout bascule dans le bon sens, celui du (et pour) le peuple !!

    Commented Jana on 28 juillet 2006 à 11:01
  2. Clair Lune, entièrement d’accord…sauf que ça fait des années que je pense ça. La je suis un peu abasourdie à vrai dire, peut-être que c’est l’effet canicule-guerre-misère-elections2007..hm hm

    Commented Qui©he on 28 juillet 2006 à 17:36
  3. TOUS AU BOYCOTTHON
    http://www.odebi.org/boycothon/

    Commented Xy8 on 29 juillet 2006 à 11:53
  4. Moi au delà du dégoût que m’inspire cette loi il y a un aspect qui m’inquiète vraiment : demain si la Loi est appliquée correctement (et quand il y a des enjeux économiques ils savent faire appliquer la Loi…) ça signifie que l’on va être “fliqué” sur ces propres emails pour vérifier le contenu des pièces jointes là je dis non : au nom de qui on aurait plus de vie privée !!!
    Et en fait aujourd’hui toute personne possédant un lecteur mp3 est en infraction et susceptible d’aller en prison à moins de pouvoir fournir les preuves d’achat des morceaux du lecteur au même format ???? mais, mais mais où va t’on ??
    J’adhère au boycott.

    Commented merdeuse on 30 juillet 2006 à 21:02
  5. http://www.zdnet.fr/actualites.....509,00.htm

    Commented Qui©he on 3 août 2006 à 10:48
"Il faut traduire, commenter, publier, imprimer, réimprimer, clicher, stéréotyper, distribuer, crier, expliquer, réciter, répandre, donner à tous, donner à bon marché, donner au prix de revient, donner pour rien..." (Victor Hugo)